Tic-Tac

Le 21 mai 2017.

L’horloge du Théâtre Niçois de Francis Gag cessera sa course dans quelques heures. Notre dernière création, Lou relori, sombrera dans les couloirs du temps. Au cours de nos plus de quatre-vingts ans d’existence, nous en avons connu, des projets, des rassemblements, des réussites souvent, des aventures surtout !

Au moment de tourner une de ces nombreuses pages, je m’interroge. Pourquoi, en cet instant, cette déjà-nostalgie ? Pourquoi cette vague tristesse ? Pourquoi cet indéfinissable malaise alors même que nous n’avons pas failli, que nos personnages et nos situations ont vécu, que nous avons porté de la joie à des centaines de spectateurs venus en confiance ? Pourquoi ce « matagon » sur l’estomac quand nous tous qui avons créé, avons une fois encore accompli dignement notre mission ensemble ?

Plus largement, pourquoi cette activité de loisir si banale, pratiquée par des dizaines de milliers de théâtreux amateurs, occupe-t-elle tant de place dans ma vie ? Tant de nuits à écrire, tant d’heures à concevoir, à écrire, à réfléchir, à organiser, à mettre en forme, à mettre en ligne, à communiquer, à apprendre, à télephoner, à répéter, à empiéter sur le reste de ma vie, à… que sais-je encore ? Pourquoi tant de ferveur et tant d’engagement à chaque fois, et ce depuis des dizaines d’années ? Pourquoi cette fébrilité, toujours ? Pourquoi tant de difficulté à garder une distance que je parviens par ailleurs à conserver dans tous les pans de ma vie ?

Et si je devais arbitrer entre mes multiples activités, pourquoi le choix serait-il si simple ? Pourquoi choisirais-je si évidemment d’écrire, de mettre en scène et de jouer ?

Parce que, pour praraphraser Hitchcock, le théâtre c’est la vie, c’est ma vie, un peu, beaucoup…

Jamais je ne serai professionnel. Jamais je ne vivrai du théâtre. Jamais je n’aurai la prétention d’être dépositaire de ce talent que je reconnais et estime tant. Mais faut-il cela pour aimer ? Doit-on être beau, riche et puissant pour aimer ?

Le théâtre, c’est la vie, une partie de ma vie, d’évidence. Parce que c’est lorsque je crée des personnages, des situations, que je vis intensément. Est-ce seulement compréhensible ? Comment l’éphémère peut-il perdurer, si futile, si négligeable, si fait d’instants et d’émotions superposées, emboitées, empilées, entremêlées, imbriquées, accumulées ?

La question n’est pas là. Se pose-t-elle-même ? Est-il besoin d’expliquer - voire de justifier - l’émotion ?

Le rideau tombera dans quelques heures et la déjà-nostalgie, immédiatement, sera nostalgie, passagère, partagée. Et peut-être (en matière de création, tout est peut-être) ce même rideau se relèvera-t-il un jour, bientôt, plus tard.

(Photo Jean-Pierre Fouchy)

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Aimer ou avoir aimé

Le 12 mars 2017.

« Aimer ou avoir aimé, cela suffit. Ne demandez rien ensuite. On n'a pas d'autre perle à trouver dans les plis ténébreux de la vie. »

Parmi les doux mots entendus en ce Printemps des poètes, cette perle de Victor Hugo entendue dans la pièce Victor Hugo, mon amour, perle pêchée dans l’immense collier des Misérables (Tome 5, chapitre 2).

Une salutaire bouffée d’air, qui nous rappelle l’essentiel, l’amour, la quinte essence, le cinquième élément selon Luc Besson.

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Agacé

Le 23 février 2017.

« Quand je vous ai vu entrer, j’ai su que vous étiez agacé. » Une personne dont je venais de faire la connaissance trois heures plus tôt m’avait asséné cela, tout à trac. Ma réaction sur le moment fut la neutralité, me fendant à peine d’un « Ah ?… » peu compromettant. La même personne argumentant, j’allai jusqu’à admettre que « Peut-être, en effet… ».

Me retrouvant seul, je revins sur mon entrée en matière : courtois. Sans chaleur certes, mais courtois. Peut-être était-ce mon regard, alors, attentif mais circonspect, qui avait produit cette impression ? Peut-être, en effet…

Revenant encore, un peu plus tard, sur l’épisode, j’admis en mon for intérieur que j’étais agacé qu’elle m’eût trouvé agacé. Je compris rapidement que j’étais agacé qu’elle eût compris que j’étais agacé. Parce que j’étais vraiment agacé.

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Pied de nez

Le 8 décembre 2016.

Depuis de nombreuses années, le Théâtre Niçois de Francis Gag crée et honore la tradition en la personne de son fondateur. Cette année, c'est à Tante Victorine que nous redonnons vie.

Au delà de la surprise d'assister à un réel engouement autour de ce personnage qui a occupé l'espace familial depuis les années 40, j'ai pour ma part vécu une expérience intense, celle d'avoir de nouveau mon grand-père à mes côtés.

Lorsque, avec mon père, nous avons convenu que les quatre-vingts ans du Théâtre Niçois justifiaient un spectacle particulier en 2016 et que Tante Victorine nous est apparue comme une évidence, j'ai consacré un peu de mon été à une plongée dans les décennies écoulées : visionnage et écoute de reportages et émissions télé, lecture de textes multiples et des pastrouils (chroniques radio) tapés à la machine que mon père avait présélectionnés parmi les 1.200 en notre possession...

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Démocratie, machine à fabriquer des déceptions ?

Le 12 novembre 2016.

Je ne m’exprimerai pas sur le déjà ancien Président de la République française et possible candidat à une Primaire, ni sur son Premier ministre, potentiel candidat à la même Primaire.

Je ne m’exprimerai pas sur les Primaires à peine achevées d’Europe Ecologie-Les Verts, auxquelles ont peut-être participé des adhérents de l’Union Démocrate Ecologiste.

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