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Enseignement

Discours de réception des Palmes académiques (5 décembre 2013)

Car amic, vous saludi,

Au moument d'alestì quauqu mot per aquesta cerimònia, mi siéu demandat : en nissart ? en francés ? Niçois ? Français ? Ai virat un pauc e – mi fa pena de lou vous dire – mi siéu decidat à vous parlà francés. En fach, se carculan ben, sian aquì en un encastre dounat dau Ministeri de l'Educacioun naciounala e "naciounala" vòu ben dire cen que vòu dire : la lenga de la Repùblica es lou francés. Siéu pas iéu que lou diéu, es l'article 2 de la Coustitucioun : " La langue de la République est le français ". Ainsi soit-il.

L'enseignement

Rien ne me destinait à l'enseignement. En tant qu'élève ou étudiant, mon parcours fut un peu chaotique, au lycée et au cours d'une première année universitaire. J'ai ensuite connu quelques moments dignes d'intérêt en classes préparatoires et en Ecole de commerce, mais pour autant, j'ai plutôt subi cette partie-là de ma vie.

Ce n'est qu'assez tardivement que j'ai choisi cette voie. J'imagine qu'à un moment de notre vie, nous nous interrogeons tous sur ce que nous en attendons. Cette interrogation s'est présentée à moi après trente ans lorsque, estimable Fondé de pouvoirs bancaire costumé et encravaté, devenu père de deux enfants, j'éprouvai le besoin de servir à quelque chose. Comme souvent, je saisis une heureuse opportunité : sur les conseils avisés d'un ami devenu "prof" lui-même, je perçus que cette voie conciliait mes multiples aspirations : être utile, aller au contact des jeunes, transmettre la langue et de la culture niçoises et approfondir mon goût de la langue et des Lettres françaises. Le sacrifice financier accepté, restait à passer le CAPES bivalent Occitan-Lettres modernes. C'est ce que je fis, découvrant au passage avec bonheur la langue des troubadours, approfondissant et élargissant ma connaissance de ma seconde langue maternelle, le niçois. Dois-je avouer que le hasard m'amena, lors de l'épreuve orale de didactique, à tirer un sujet en lien direct avec le théâtre ?...

Me voici donc à trente-quatre ans enseignant. Contrairement à ce que l'on peut entendre de-ci de-là, ce n'est pas un métier de fainéants. Bien au contraire, il nécessite un enthousiasme sans faille, une exigence et une remise en cause personnelles incessantes. Il est alors parfois source d'intenses satisfactions et d'émotions. Et c'est bien parce que j'en retire ce sentiment d'utilité et que j'aime autant cultiver ce lien si particulier avec mes élèves ou étudiants que je l'exerce toujours. Ayant aussi connu le lycée et les sections BTS, j'enseigne en collège et en formation continue à l'Université de Nice, en direction d'adultes souhaitant se remettre aux études et préparant pour cela le DAEU (Diplôme d'Accès aux Etudes Universitaires).

Comme le théâtre et la politique, l'enseignement est aujourd'hui pour moi un engagement personnel, la marque d'une appartenance à la société humaine, le témoignage de ma contribution, modeste mais réelle.

Notice biographique

Je suis un homme chanceux.

Très heureusement marié et père de deux enfants, je suis né à Nice en 1963 et j'y ai suivi toute ma scolarité, de l'école primaire St-Charles aux classes préparatoires (en fréquentant le collège Jean Giono et le lycée Masséna), avant de passer trois années à Sup de Co Marseille.

Dans cette continuité, j'effectue la première partie de mon parcours professionnel en tant que Fondé de pouvoirs en banque privée, à Nice, Monaco et Cannes. Gagné par l'ennui, je prends un virage en 1997 et obtiens un CAPES bivalent Occitan-Lettres modernes. J'enseigne avec plaisir, depuis, en collège et en Formation continue à l'Université de Nice, ayant aussi oeuvré en BTS au Greta.

Parallèlement, le théâtre, comme un fil rouge, est omniprésent dans ma vie : dès huit ans, guidé par ma famille, je monte sur scène avec le Théâtre Niçois de Francis Gag, ce que je fais toujours, au gré de mes envies, de mes disponibilités et des besoins de la troupe. Une sourde et lointaine envie m'amène à écrire et, de 2001 à 2014, huit de mes pièces seront présentées par le Théâtre Niçois.

Mon engagement politique est beaucoup plus récent : à l'occasion des élections municipales de 2014, Christian Estrosi me sollicite pour oeuvrer à ses côtés et me confie non seulement le patrimoine historique, la langue et la tradition niçoises, mais aussi la littérature, la lutte contre l'illettrisme et le théâtre. J'accepte avec enthousiasme (lire mon discours).

Je suis un homme chanceux, donc, parce que j'aime tout ce que je fais et si un quotidien dense ne me permet plus de consacrer le temps que je souhaiterais à l'écriture, j'ai la satisfaction de servir la collectivité : par l'enseignement à mes élèves et étudiants ; par le plaisir qu'avec le Théâtre Niçois nous apportons au public ; par les projets et les causes que j'essaie de faire progresser à la Ville de Nice et à la Métropole Nice Côte d'Azur. 

« Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » (William Shakespeare)