Knock

Le 3 mars 2021.

« Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent », affirme Knock dans la fameuse pièce de Jules Romains. L’on ne comprend combien c’est vrai que lorsque se déclare subitement une petite cochonnerie auto-immune venue d’on ne sait où, qui entraîne dans un parcours à durée indéterminée ces bien-portants qui ont le tort « de dormir dans une sécurité trompeuse, dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie ».

Peut-être dormais-je, en effet, mais ce n’est pas un coup de foudre qui me frappa l’année dernière : plutôt un diagnostic qui fit l’effet d’un coup de fouet. Presque un an après, j’en mesure les bienfaits, aidé en cela par Claire et les professionnels qui m’accompagnent. L’un d’entre eux, notamment, m’a amené à reconnaître les plaisirs du quotidien et à savoir les goûter. Ma gratitude lui est acquise.

Mieux encore : depuis quelque temps, ce qui me chatouille, c’est le plaisir viril, le plaisir du mec, quoi ! Longtemps motard, j’ai sombré dans la facilité du scooter, si fonctionnel au quotidien, mais si avare en sensations. Aujourd’hui, ce qui me gratouille donc, c’est le retour à la moto. Pas une Allemande, trop parfaite et sans surprises ; pas non plus une Japonaise, qui feule et se faufile ; pas une Américaine impudique ; ni une mutine Italienne. Rien de tout ceci, non.

Celle pour laquelle j’éprouve un vif désir est anglaise. Incongru, non ? Après une première rencontre au cours de laquelle nous nous sommes apprivoisés sur les hauteurs de Nice, nous avons conservé une liaison platonique et nous nous observons, simplement. Je garde en mémoire les virages enroulés et les bras qui tirent. J’entends encore le souffle vibrant de son bicylindre de 1.200 cm3. La tentation d’y goûter à nouveau s’amplifie et nous franchirons bientôt le cap. L’envoûtante Triumph Bonneville Speedmaster m’attend.

 

Gagas de notre chien

Le 25 février 2021.

Nous en sommes à notre cinquième chien. Un peu d’expérience, donc. Et pourtant…

Et pourtant, nous sommes surpris par la nouvelle venue : Joia, croisement de labrador et de braque. Elle nous fait littéralement fondre !

Nous l’avons récupérée en septembre auprès de Brin de chance, association qui recueille des animaux maltraités. La première rencontre fut bouleversante d’évidence : c’était elle et c’était nous. La suite ne nous a pas détrompés. Nous nous sommes trouvés.

Elle avait environ six mois et subissait manifestement déjà un passif lourd : très peureuse,

Je suis cas contact

Le 16 février 2021.

Je suis cas contact...

J’entre donc depuis quelques jours dans cette catégorie désormais fameuse de « cas contact ». Ma réaction, lorsque je l’appris, fut fataliste : « Fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre ! », remarque digne du Café du commerce, que Bacri n’aurait pas reniée.

En y repensant ce matin, dans l’attente du test qui m’autorisera – ou non – à reprendre mes activités sous leur forme habituelle, je m’interroge sur le sens du mot contact. Spontanément me vient le lien avec le toucher (tact/tactile), confirmé par mon Robert historique : cum-tangere (tangible), donnant par dérivation contactus et contagio, désigne à la fois le toucher en général et le toucher infectieux en particulier. La langue française est décidément formidable !

Je mesure alors un paradoxe fondamental et quasi-oxymorique :

Réélection et nouvelles délégations

Le 10 août 2020.

Réélection et nouvelles délégations

Un petit point en cours d’été, alors même que se prépare la rentrée scolaire. Rentrée à double titre pour moi désormais : toujours en tant qu’enseignant et désormais comme adjoint au Maire de Nice délégué à l’éducation, au livre, à la lutte contre l’illettrisme et à l’identité niçoise, par la confiance que me témoigne Christian Estrosi. Une confiance qui m’honore et me ravit.

Comment ne pas se réjouir, évidemment, de démarrer un nouveau mandat dans un champ d’action qui me touche de si près et qui correspond tellement à ce que je suis ? Comment ne pas être enthousiaste à l’idée d’œuvrer avec Gaëlle, Laurence et Pierre, mes collègues élus subdélégués qui agiront à mes côtés ?

Évidemment, des objectifs me sont assignés que je m’efforcerai d’atteindre avec ardeur : développer la culture au sein de nos écoles ; renforcer l’utilisation des nouvelles technologies ; rendre nos écoles plus agréables au quotidien, notamment (Voir la vidéo présentant mes missions).

Profondément convaincu de l’importance de l’éducation, de la lecture...

Confinement, douleur et création

Le 6 mai 2020.

Confinement, douleur et création

Cinquantième jour de confinement. En temps normal, j’aurais parcouru près de trois mille kilomètres, assuré plus de cent heures de cours, assisté à une vingtaine de réunions, reçu une soixantaine de personnes, participé à une dizaine de répétitions de théâtre, lu cinq ou six livres.

Cinquantième jour de confinement et je n’ai quasiment pas roulé, j’ai dispensé mes cours de chez moi, j’ai assisté à une quinzaine de visioconférences, je n’ai reçu personne, j’ai annulé les répétitions de théâtre et les représentations correspondantes, j’ai lu abondamment.

Mes deux seules sorties m’ont amené urgemment en consultation chirurgicale : un genou douloureux depuis plusieurs mois, qui devait être opéré. Qui à ce jour n’a toujours pas pu l’être, confinement oblige. Lorsque le temps sera venu de regarder cette période avec recul, je crois que je conserverai à l’esprit ce compagnonnage avec ma douleur. Oppressante, épuisante, elle a transformé la traversée d’un long tunnel en une randonnée de montagne : variations d’intensité, souffrance et répit, vif soleil et ciels noirs, abattement et enthousiasme.