Confinement, douleur et création
Le 6 mai 2020.
Confinement, douleur et création
Cinquantième jour de confinement. En temps normal, j’aurais parcouru près de trois mille kilomètres, assuré plus de cent heures de cours, assisté à une vingtaine de réunions, reçu une soixantaine de personnes, participé à une dizaine de répétitions de théâtre, lu cinq ou six livres.
Cinquantième jour de confinement et je n’ai quasiment pas roulé, j’ai dispensé mes cours de chez moi, j’ai assisté à une quinzaine de visioconférences, je n’ai reçu personne, j’ai annulé les répétitions de théâtre et les représentations correspondantes, j’ai lu abondamment.
Mes deux seules sorties m’ont amené urgemment en consultation chirurgicale : un genou douloureux depuis plusieurs mois, qui devait être opéré. Qui à ce jour n’a toujours pas pu l’être, confinement oblige. Lorsque le temps sera venu de regarder cette période avec recul, je crois que je conserverai à l’esprit ce compagnonnage avec ma douleur. Oppressante, épuisante, elle a transformé la traversée d’un long tunnel en une randonnée de montagne : variations d’intensité, souffrance et répit, vif soleil et ciels noirs, abattement et enthousiasme.