Mon dernier billet

R

 

Le 27 février 2026.

Bientôt deux ans depuis mon dernier billet !

A y réfléchir, aucune excuse à ce mutisme. Des explications, tout au plus, en quelques mots : respiration, responsabilité, reconstruction, récupération, réflexion, rédaction, retraite. Des mots en R, un besoin d’air.

Besoin d’air après les années de peur qu’engendre la maladie. Ne plus vivre dans l’obsession de la mauvaise nouvelle. Ne plus être hanté par ce « peuple muet d'infâmes araignées – (qui) vient tendre ses filets au fond de (mes) cerveaux » (1). Retrouver une espérance, envisager de possibles lendemains, respirer à nouveau.

Besoin d’air pour exercer mes responsabilités : politiques, d’enseignant, mais aussi de père, de mari, de fils. Laisser circuler l’air et maintenir la façade intacte.

Besoin d’air pour, en même temps, me reconstruire, symboliquement et physiologiquement. Prendre une grande bouffée avant d’accepter qu’enfin un magicien truffe mes vertèbres de titane. Et renoncer à la douleur, ma compagne quadragénaire, ma référence, mon identité profonde.

Besoin d’air pour récupérer. Pour recommencer à marcher. Pour accepter la surveillance médicale, les consultations, les examens. Pour me tenir droit à nouveau.

Et simultanément, besoin d’air pour réfléchir. A ce vécu d’une intensité si forte, à cette succession ininterrompue d’expériences. Expériences qui nous ont renforcés, qui m’ont fait meilleur.

Et « Se dire qu'il y a over the rainbow - Toujours plus haut le ciel above – Radieux » (2). Et écrire à nouveau, enfin. Une nouvelle pièce, drôle, pour mesurer le temps écoulé depuis 1936 et la création de notre Théâtre Niçois.

Et envisager la retraite professionnelle. Non comme un repli, mais pour choisir. Et repartir.

(1) Spleen, Charles Baudelaire
(2) Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve, Serge Gainsbourg

 

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Trente ans ont passé...

Le 25 février 2018.

En ce début 2018 se téléscopent les souvenirs de deux événements importants de ma vie, intervenus trente ans plus tôt : mon mariage et la mort de mon grand-père. Evénements importants au regard de l’intensité émotionnelle. Importants aussi au regard de l’incidence sur ma vie, largement influencée par l’un et l’autre.

Un souvenir en appelant un autre, me revient à l’esprit ce repas à l’improviste au 22 rue Pertinax, lieu bien connu de milliers de personnes ayant rendu visite au fameux Francis Gag, dont la porte et la table étaient toujours ouvertes.

Je l’avais averti le matin même de notre venue à midi. Nous avions apporté un Bellet blanc ; il avait préparé un repas sur le pouce, comme il savait si bien faire. Il connaissait évidemment Claire : nous nous connaissions depuis le collège. Mais alors même que notre relation n’était pas encore complètement aboutie, lui avait compris et, avec son œil pétillant de malice, parlait de moi à Claire en lui disant « ton homme ». Surpris, nous nous en étions amusés et avions reçu ces mots comme son ressenti de l’évidence.

En ce début 2018, son regard demeure dans notre mémoire et dans notre cœur. Nous sourions encore avec lui.

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