Gagas de notre chien

Le 25 février 2021.

Nous en sommes à notre cinquième chien. Un peu d’expérience, donc. Et pourtant…

Et pourtant, nous sommes surpris par la nouvelle venue : Joia, croisement de labrador et de braque. Elle nous fait littéralement fondre !

Nous l’avons récupérée en septembre auprès de Brin de chance, association qui recueille des animaux maltraités. La première rencontre fut bouleversante d’évidence : c’était elle et c’était nous. La suite ne nous a pas détrompés. Nous nous sommes trouvés.

Elle avait environ six mois et subissait manifestement déjà un passif lourd : très peureuse,

effrayée au moindre mouvement brusque ou au moindre bruit, il nous a fallu l’apprivoiser, la rassurer, lui donner confiance, et c’est encore un travail quotidien. En contrepartie, elle nous manifeste une reconnaissance et une affection sans bornes : des fêtes interminables le matin ou dans la journée, même après un quart d’heure d’absence ; une tendance à se blottir contre nous, au point de s’asseoir sur nos genoux lorsque nous sommes dans un fauteuil ou un canapé. Et nous acceptons cela…

Difficile à comprendre, certainement, pour qui n’a pas vécu quelque chose de similaire : elle nous attendrit. Toujours joyeuse, comme son nom la prédestine, elle nous rend plus heureux encore. Mystérieuse alchimie, tout de même !

Alors, pourquoi ce billet aujourd’hui ? Parce que, rentrant hier soir, je lui découvre une boule sur le flanc droit. J’ai bien perçu que mon inquiétude était disproportionnée : boule volumineuse mais pas douloureuse. Pour autant, bravant le couvre-feu et considérant que le motif était défendable, j’ai quand même filé en consultation vétérinaire. Diagnostic : hématome sans gravité. Elle déborde tellement d’énergie que, dans une de ses courses effrénées, elle a dû être victime d’une mauvaise évaluation de sa distance de freinage.

Consultation pour moi plus que pour elle, en réalité. Mais j’ai mesuré mon attachement à mon angoisse, puis à mon soulagement et enfin au plaisir que j’ai eu à régler les 58,80 €…

Partager

Rouge printemps

Le 20 mars 2021.

Dans le prolongement de mon précédent billet, j’ai franchi le cap : ma belle Anglaise et moi nous sommes trouvés. Elle dort chez moi depuis quarante-huit heures. D’un rouge éclatant, ornée de chromes rutilants, dotée de tous les équipements, elle m’emmène désormais en balade, elle et moi vibrant de son gros bicylindre coupleux et sonore.

En ce premier jour du printemps, j’ai la banane, selon l’expression désormais consacrée par l’usage. Comme à chaque fois que je l’enfourche et que je roule, ne serait-ce que quelques kilomètres, je souris béatement. Un gosse, quoi ! C’est un drôle de sentiment chez moi, si peu coutumier du lâcher-prise. Mais je goûte avec ces 250 kilos de métal le moment présent. Plus encore, de manière excessive, j’en conviens, j’éprouve un sentiment d’accomplissement.

Cela va au-delà d’un simple achat de véhicule, fût-ce une Triumph Speedmaster : il s’agit bien là d’une intense satisfaction, fondée sur une émotion double : celle que procure l’engin, bien sûr, mais aussi cette incrédulité. J’y crois pas : j’ai osé ! Pour la première fois en cinquante-sept ans, je me suis autorisé à céder à un caprice, à un achat inutile dans l’absolu, mon scooter suffisant bien à mon quotidien. Et cette audace m’emplit de fierté et de reconnaissance.

Un bien beau printemps, donc !

Voir tous mes autres billets : cliquer ICI